Avis – L’huître qui se lavait trop les mains

Avis des lecteurs

Sur le handicap

J’ai aimé la façon dont le handicap est abordé, sans misérabilisme. Les personnages sont juste des personnes, avec leurs qualités et leurs défauts.

mat_75

🫶

Mon roman préféré de ses actuelles publications, l’autrice nous immerge ici dans le monde décalé d’Aimée.
Une petite voix narquoise et une introspection qui dévoilent un univers où l’absurde côtoie l’intime. J’apprécie que, sans jamais tomber dans la caricature grossière, on adopte aisément le regard d’Aimée et bute avec elle sur les cailloux de sa sensibilité décalée là où, sous une autre perspective, le commun des mortels voient une route bien lisse.
Des souvenirs d’enfance saisis avec un humour grinçant, des relations familiales perçues avec un regard qui transforme le quotidien en farce douce-amère. On comprend son point de vue par une accumulation de petits instants amenés avec humour (un placenta qui la « laisse sortir sans l’étrangler », des vitrines de Noël à l’extase obligatoire, le flattage d’égo par enfant déporté, etc…). Ces nombreux petits pointillés d’humour parfois noirs maillés de moments de poésies synesthèsiques tissent peu à peu une logique empathie envers Aimée dont on perçoit désormais les banderilles qui s’ajoutent à mesure qu’elle avance.
Un roman qui nous mène à travers une arrivée, une quête de sens, une mort et une renaissance tout en exposant élégamment quelques failles et injonctions d’un monde auquel nous nous sommes (étrangement) habitués.
C’est fluide, c’est émouvant, c’est décalé, c’est bien écrit, C’EST À LIRE !

pierrotlune

À découvrir

Un roman assez inclassable. C’est drôle, parfois cru, parfois triste. Je l’ai lu très vite.

Lilou

👏👏👏

Ce roman semble être une autofiction. Il est sensible, drôle et percutant. Il raconte l’enfance et l’adolescence d’Aimée, une fille atypique (probablement porteuse du syndrome d’Asperger), hypersensible, qui se ferme « comme une huître », se lave trop les mains, imite les autres pour survivre socialement, et trouve refuge dans la musique, les puzzles, les trains électriques et les routines rassurantes. le style est cru, ironique, poétique par moments, avec une narration à la première personne qui touche profondément les lecteurs concernés par la différence, la neurodivergence, la phobie sociale et scolaire, l’hypersensibilité, les relations mère-fille toxiques.
Ce roman est un récit initiatif qui explore un thème sensible, mais je trouve qu’il se distingue par son style vif et décalé

Arouise

Ce livre est une véritable pépite d’or.

Tout d’abord le personnage principal, Aimée, est très touchant. Nous assistons à l’entrée à l’école d’une petite fille, se situant sur le spectre de l’autisme. Nous faisons face avec elle, à ses difficultés a l’école et à ses stratégies pour y faire face. Les handicaps psychiques, qui ne sont pas toujours visibles, sont encore très flou et stigmatiser par la majorité d’entre nous. Ce roman nous expose certains signes du trouble de l’autisme, mais également les réflexions d’une petite fille qui en est atteinte. L’autrice nous offre les pensées d’Aimé lorsqu’elle est entouré de gens et qu’elle ne sait ni quoi faire ni quoi dire. Son désarrois est prenant, nous avons envie d’aider et d’accompagner cette petite dans son épanouissement.
J’ai trouver la dimension musicale très intéressante. Tout cela démontre que l’autisme permet de percevoir des choses parfois tellement commune, telle que la musique, comme quelque de chose de différent. Aimé n’entend pas la musique, elle la voit, ce qui la rend encore plus belle.
De plus, l’autre démontre l’emprise qu’une mère peut avoir sur son enfant. Vouloir lui faire réaliser ses plus grand rêves et ses envies, pour que les gens qui les entourent les complimentent. La maman de la jeune fille est fière, elle admire sa fille, jusqu’à ce qu’elle ne fasse plus ce qu’elle désire. Son image est remise en question par les professeurs et les autres mères d’enfants, ce qui ne plaît pas du tout à cette mère en quête de reconnaissance. Cette dimension familiale démontre l’impact des traumatismes familiaux sur les nouvelles générations, qui doivent apprendre à voler de leur propre ailes pour ne pas vivre pour leurs parents mais pour leur propre fait.
Enfin, l’histoire d’amour avec le peintre appuie d’avantage sur la volonté de l’autrice à inclure l’art dans son roman. Cette relation plus que douteuse dénonce les violences que subissent certaines femmes. Être manipulée , humiliée et trahi par un homme qu’elles pensaient aimée est une des choses les plus douloureuse psychologiquement parlant, qu’une jeune femme puisse connaître. Il s’agit d’un acte de cruauté dont nous ne parlons pas souvent mais qui touche énormément d’entre nous.
Je vous recommande fortement cette lecture pour son côté très poétique; pour les dénonciations qu’il expose et pour l’enseignement sur l’autisme et l’emprise dans une relation de couple que l’autrice décortique parfaitement.

Baspaloma

🫶

J’ai adoré le mélange de tendresse, d’autodérision et de cruauté de certains passages. Rien n’est vraiment lisse dans ce roman, ni les personnages ni ce qui leur arrive, et c’est justement ce qui les rend attachants.

Nour B.