Mon roman préféré de ses actuelles publications, l’autrice nous immerge ici dans le monde décalé d’Aimée.
Une petite voix narquoise et une introspection qui dévoilent un univers où l’absurde côtoie l’intime. J’apprécie que, sans jamais tomber dans la caricature grossière, on adopte aisément le regard d’Aimée et bute avec elle sur les cailloux de sa sensibilité décalée là où, sous une autre perspective, le commun des mortels voient une route bien lisse.
Des souvenirs d’enfance saisis avec un humour grinçant, des relations familiales perçues avec un regard qui transforme le quotidien en farce douce-amère. On comprend son point de vue par une accumulation de petits instants amenés avec humour (un placenta qui la « laisse sortir sans l’étrangler », des vitrines de Noël à l’extase obligatoire, le flattage d’égo par enfant déporté, etc…). Ces nombreux petits pointillés d’humour parfois noirs maillés de moments de poésies synesthèsiques tissent peu à peu une logique empathie envers Aimée dont on perçoit désormais les banderilles qui s’ajoutent à mesure qu’elle avance.
Un roman qui nous mène à travers une arrivée, une quête de sens, une mort et une renaissance tout en exposant élégamment quelques failles et injonctions d’un monde auquel nous nous sommes (étrangement) habitués.
C’est fluide, c’est émouvant, c’est décalé, c’est bien écrit, C’EST À LIRE !
pierrotlune